Alexandre Abensour – författare
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Nous sommes envahis de messages, d’images et de discours qui nous persuadent de la violence de notre monde. Paradoxalement, il n’a peut-être jamais été moins violent qu’aujourd’hui… Derrière le spectaculaire des événements, la violence est une réalité multiple, mouvante, et parfois insaisissable : certaines violences sont manifestes, d’autres marchent à bas bruit, comme les paroles insinuantes de Iago détruisant peu à peu l’âme d’Othello, comme le contrôle sur les âmes et les corps qui « violent » nos libertés. Même les formes les plus visibles de la violence, même les guerres ne sont pas des phénomènes monolithiques : le droit, les pratiques, la fonction politique de la guerre lui donnent un sens qui ne se réduit pas à des opérations militaires, et qui supposent une analyse conceptuelle. On peut justement attendre de la philosophie, non qu’elle mette fin à la violence, mais qu’elle nous aide, en la conceptualisant, à la mettre quelque peu à distance. N’oublions pas l’antique définition du diable : haineux certes, mais aussi impuissant et ignorant. Ne confondons pas violence et puissance…
Alexandre Abensour, ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm), agrégé de philosophie, enseigne en CPGE économiques et commerciales au Lycée Saint-Jean de Douai et en Lettres Supérieures au Lycée Sainte-Marie de Neuilly.
Nicolas Tenaillon est agrégé de philosophie, professeur de culture générale en CPGE économiques et commerciales au Lycée Saint-Jean de Douai.
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L’homme aime les images. Mais sait-il les penser ? Rien de moins sûr. Car depuis les origines de la culture, il semble s’être empressé de les juger, le plus souvent pour les condamner : les religions comme la philosophie antique sont volontiers iconoclastes parce que l’image éloigne de Dieu comme du concept. Pourtant avec le temps, le spirituel et l’abstraction ont appris à voir l’image autrement, à s’en accommoder, laissant aux artistes du visuel tout le loisir de révéler la richesse de ce medium qui relie l’homme au monde et aux psychologues des profondeurs une grande liberté pour tenter de donner sens à nos images mentales. Mais depuis deux siècles l’accélération du progrès technique et la diffusion planétaire des « nouvelles images » suscitent à nouveau des inquiétudes chez les iconophobes : l’image ne serait-elle pas en train de nous envahir ? A moins qu’elle ne donne à nos rêves les plus audacieux la matière qui jadis leur manquait …