Irène Fenoglio – författare
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Si les frontières sont conçues comme des limites ou des bornes, elles ne peuvent être associées à l’œuvre de Pascal Quignard. En revanche, les lisières, les bords, les confins, les seuils, les séparations, oui, sans aucun doute, ces mots ouvrent à son œuvre.Ce livre – issu du premier colloque international tenu sur l’auteur au Brésil, à l’université de Sao Paulo – s’ouvre sur un texte de Pascal Quignard dont la puissance imprime un appel au passage des frontières par la « dés-insertion », par la « distension des entraves ».Les textes qui suivent dessinent une courbe dynamique allant des thématiques les plus englobantes aux plus particulières. Cette courbe s’incurve sur des accents venus d’une autre langue, le portugais, déplaçant le réseau associatif du lecteur.L''ouvrage s''achève sur quatre témoignages de lectures plus jeunes et plus singulières auxquels Pascal Quignard répond.
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Comment faire résonner le plus ancien dans l’instant présent ?Comment faire résonner dans l’œuvre le silence des ruines, le rugissement des vagues, l’avant-langage, la pulsation originelle ?Inauguré par un texte inédit de l’auteur, Les ruines de Carthage, le présent ouvrage tente de souligner une dynamique créatrice qui articule deux gestes opposés mais complémentaires dans la poétique (poét(h)ique) quignardienne : le premier est apparenté à la nekuia (invoquer les morts), le second au saut dans l’inconnu (plonger dans l’origine). Le renouvellement constant qui se dessine dans l’œuvre multiforme de l’écrivain-artiste invite à interroger les implications existentielles, esthétiques et performatives de ce double mouvement qui la porte et dont elle fait son battement propre.Les textes ici réunis sont, pour la plupart, issus du colloque « Pascal Quignard et la Méditerranée », qui s’est tenu à Carthage du 2 au 4 mars 2023, et ont été revus pour la présente publication. Ils sont organisés selon deux axes. Le premier met l’accent sur les mécanismes de convocation de voix, d’ombres, d’images, de noms, d’œuvres, et sur l’altérité intime du plus ancien à laquelle cette convocation ouvre, entre fascination et désir. Le deuxième axe, privilégiant le rapport entre la mer et la création, analyse le mouvement d’une poétique amniotique et océanique mettant en tension le « sauter absolu » et l’errance pure, « sans chemin », comme une même métaphore du geste créateur toujours renouvelé.