Jean Darot – författare
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Au début du vingtième siècle, dans une haute vallée pyrénéenne dont l’isolement a limité l’influence de la religion chrétienne et du patriarcat, Seuvia, aînée et donc tête d’une maison-souche, décide de concevoir un enfant pour l’offrir à une autre femme qui ne peut pas en avoir. Ce don longuement réfléchi pallie la souffrance du couple-ami et donne naissance à une nouvelle maison.En prenant la guerre civile espagnole pour toile de fond, ce récit nous fait découvrir une société montagnarde où la femme bénéficie d’un statut particulier : bien au-delà de sa fonction de mère, celle-ci s’impose comme pilier essentiel et fondateur d’une communauté qui plonge ses racines dans les arbres, les pierres et les légendes enchantées.
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En 1852, Violette Ailhaud est en âge de se marier quand son village des Basses-Alpes est brutalement privé de tous ses hommes par la répression qui suit le soulèvement républicain de décembre 1851. Deux ans passent dans un isolement total. Entre femmes, serment est fait que si un homme vient, il sera leur mari commun, afin que la vie continue dans le ventre de chacune.
« Ça vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l’ombre tranche, comme un lent clin d’oeil, le brillant de l’eau entre les iscles, nous savons que c’est un homme. Nos corps vides de femmes sans mari se sont mis à résonner d’une façon qui ne trompe pas. Nos bras fatigués s’arrêtent tous ensemble d’amonteiller le foin. Nous nous regardons et chacune se souvient du serment. »
Une nouvelle édition pour fêter les 18 ans de ce texte empreint, plus que jamais, de sororité et de générosité féminine.
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La mer avale les hommes qui se risquent sur son dos. C’est le tribut que doit verser la communauté des femmes de l’Île en huit, celle qui, au large de la Bretagne, contrarie le fameux courant des Pierres Noires. Ce jour-là, partis ensemble pour une pêche qu’ils espéraient miraculeuse, les hommes de l’île disparaissent tous dans une tempête.
Mais la mer rend ce qu’elle prend. Les femmes savent attendre et planter dans leur terre les naufragés qu’elle leur apporte régulièrement. La vie continue ainsi.