Lawrence Olivier – författare
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L’humour coïncide d’ordinaire avec les champs de significations de la gaieté, du divertissement, de la liberté et de la cohésion sociale. Sous ce vernis candide et conciliateur, l’humour est pourtant loin d’être une activité humaine dénuée de violence. Alors que certaines productions humoristiques (plaisanteries quotidiennes, stand-up, films, etc.) portent avec elles une violence aisément (re)connaissable, d’autres en couvent une qui se révèle être beaucoup plus subtile, qu’on peine à discerner. À plus forte raison, cette subtilité s’accompagne souvent d’une banalisation des grands systèmes de domination symbolique comme le racisme, l’homophobie, le sexisme, la transphobie, le capacitisme et plus largement le dédain pour les classes populaires. L’imperceptibilité de cette violence liée aux systèmes de domination est parfois telle qu’elle (pré)dispose certains groupes à en user, (re)produisant par cela les conditions de leur propre marginalisation et/ou minorisation. Ce phénomène, Pierre Bourdieu l’a nommé « violence symbolique ». En adoptant cette notion comme outil de travail, et en la revisitant, ce collectif examine les parts sombres de l’humour, sans pour autant négliger sa puissance critique. Composé de réflexions théoriques et d’études de cas, cet ouvrage a pour but de rendre plus perceptibles ces liens qui unissent humour et violence qu’on peine encore aujourd’hui à discerner.Julie Dufort enseigne la science politique au collège André-Grasset et à l’École nationale de l’humour.Professeur au département de science politique de l’UQAM, Lawrence Olivier enseigne la méthodologie et la pensée politique.Martin Roy est candidat au doctorat en cotutelle internationale de thèse à l’Université d’Ottawa et à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.
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La question du nihilisme a une longue histoire. Elle émerge au sein de l’idéalisme allemand, se déploie ensuite dans l’intelligentsia et la littérature russes, puis trouve chez Nietzsche et Heidegger ses explorations les plus influentes. Si le mot semble moins courant depuis un demi-siècle – comme d’autres termes aussi chargés, pensons à celui d’aliénation – les enjeux qu’il soulève demeurent toutefois au cœur de la pensée contemporaine. Les risques environnementaux nourrissent d’ailleurs plus que jamais l’inquiétante intuition que de puissantes dynamiques de dévalorisation du réel sont à l’œuvre dans les sociétés modernes. Ces douze essais, qui font largement entendre la voix d’une nouvelle génération, n’ont pourtant pas pour but de défendre une thèse commune. Ils explorent plutôt les multiples aspects du nihilisme et se confrontent à ses grandes interprétations. Sont ainsi proposées autant de pistes pour rejoindre les débats sur le capitalisme, la technique, l’éducation, le patriarcat, le roman ou la démocratie. Pluralité revendiquée, qui illustre néanmoins un même ancrage dans les défis du monde actuel.