Patrice Bret – författare
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Mme d’Arconville appartient tout à la fois au monde des lettres et à celui des sciences. Elle aime Rousseau et Voltaire, mais déteste les philosophes. Elle s’adonne à la botanique, à l’anatomie et à la chimie, puis à l’histoire. Enfermée dans son laboratoire ou penchée sur des manuscrits de la Bibliothèque royale, elle n’en fréquente pas moins les cercles littéraires, artistiques, politiques, scientifiques et médicaux. Tout en traduisant le Traité d’Ostéologie de Monro et les Leçons de chymie de Shaw (1759), elle mène un ambitieux programme de recherches (Essai pour servir à l’histoire de la putréfaction, 1766). Elle traduit tous les genres littéraires de l’anglais et de l’italien (éducation, roman, théâtre, poésie…) et publie des romans et des ouvrages de morale, avec un succès tel qu’ils sont attribués à Diderot… et qu’un essai de Frédéric le Grand lui est attribué ! Pour bien marquer sa propriété sur une œuvre éclectique, elle la réédite, sans dévoiler son identité (Mélanges de littérature, de morale et de physique, 1775-1776, 7 vol.), et se consacre à l’écriture de l’histoire.Qu’est-ce que faire de la science pour une femme de la haute société sous Louis XV ? Que signifie cette soif de savoir et d’écriture qui la pousse à reprendre la plume vingt ans après avoir renoncé à publier ? L’éclectisme et l’anonymat fournissent des clés pour mieux comprendre l’insertion du champ scientifique dans la culture des Lumières et la place de la traduction dans une ambition qui refuse de s’exposer dans l’espace public.Ce premier ouvrage consacré à Mme d’Arconville invite à revisiter « l’ambition féminine au XVIIIe siècle », à la suite d’Élisabeth Badinter, et à dépasser la figure traditionnelle des salonnières pour découvrir des femmes plus discrètes et des œuvres oubliées qui ont compté en leur temps.
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Avant-propos de Henri Kagan
En 1789, la sortie du Traité élémentaire de chimie et des Annales de chimie signe la victoire de Lavoisier et annonce le début du ralliement de l’Europe à ses doctrines, tandis que la Révolution française lance la réforme des poids et mesures et une réforme non aboutie de l’Académie des sciences. En 1791, Lavoisier est pleinement impliqué dans la réforme de l’État, en particulier dans la création de la Trésorerie nationale, et dans la vente des biens nationaux, dont il est l’un des grands acquéreurs, au prix d’une correspondance active avec son cousin Parisis. Avec ses dernières recherches sur la respiration, en collaboration avec Seguin, Lavoisier revient à la chimie du vivant.
Réalisé avec le concours du Centre national de la recherche scientifique, du Centre national du livre et de la Fondation Singer-Polignac.
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Avant-propos de Henri Kagan
Durant la dernière phase de la monarchie constitutionnelle, en 1792, et celle de la Convention, jusqu’à son procès en 1794, Lavoisier se désengage de la vie politique, mais sa correspondance est plus que jamais liée aux organes du pouvoir, comme trésorier de l’Académie, comme membre du Bureau de consultation des arts et métiers, pour la phase centrale de la préparation du système métrique. Au travers de lettres et mémoires, il s’attache à défendre le fonctionnement et l’existence de l’Académie des sciences, puis celle de la commission des poids et mesures. Ses dernières lettres sont liées à son arrestation, sa détention et au procès des fermiers généraux.
Réalisé avec le concours du Centre national de la recherche scientifique.