Franck Salaun – författare
de l'Europe Ottomane Aux Nations Balkaniques
Les Lumieres En Question: From Ottoman Europe to the Balkan Nations: Questioning the Enlightenment
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Diderot, qui n''a cessé de s''interroger sur la nature des événements et sur les limites du langage, a fini par produire une philosophie des singularités dans laquelle la question du moi occupe une place importante. Cette aventure intellectuelle et artistique constitue l''objet du présent essai. Trois questions l''organisent : Comment dire les singularités ? Qu''est-ce que le moi selon Diderot ? Quel rôle jouent les fictions et la création littéraire dans cette exploration du monde humain ? On découvre ainsi un penseur attentif à la variété des expériences et soucieux de ne pas trahir le réel. Paradoxalement, cette exigence le conduit, après d''autres, à inventer des fictions d''un type particulier, comme Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau ou Le Rêve de D''Alembert.
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Nouvelle édition revue et augmentée.Les fictions pensent-elles ? On ne se lasse pas de le dire : l’homme est un animal fabulateur, un producteur de fictions. Notre besoin de fiction est même impossible à rassasier. Mais le clivage traditionnel entre réalité et fiction occulte certaines des motivations de ce besoin et le mode d’existence des univers fictionnels. Face à ce constat, Franck Salau¨n propose une réflexion sur les différentes façons de recourir à la fiction. Il nous invite, en outre, à envisager la littérature comme un espace de pensée, et les œuvres comme des systèmes signifiants dont le fin mot n’appartient ni à l’auteur ni au lecteur. Il ne s’agit pas, dans cet essai, de fournir une théorie clés en main de la fiction, mais d’interroger la façon dont les textes pensent – pas seulement à quoi ils pensent, et dans quels buts, mais comment ils pensent. C’est aussi l’occasion de préciser et d’illustrer le concept de « fiction pensante ». L’entreprise peut dérouter, il n’est donc pas superflu de cartographier la région à explorer, en signalant au promeneur quelques sites intéressants, et aux autres orpailleurs les cours d’eau et les sables aurifères.
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Nouvelle édition revue et augmentée.Les fictions pensent-elles ? On ne se lasse pas de le dire : l’homme est un animal fabulateur, un producteur de fictions. Notre besoin de fiction est même impossible à rassasier. Mais le clivage traditionnel entre réalité et fiction occulte certaines des motivations de ce besoin et le mode d’existence des univers fictionnels. Face à ce constat, Franck Salau¨n propose une réflexion sur les différentes façons de recourir à la fiction. Il nous invite, en outre, à envisager la littérature comme un espace de pensée, et les œuvres comme des systèmes signifiants dont le fin mot n’appartient ni à l’auteur ni au lecteur. Il ne s’agit pas, dans cet essai, de fournir une théorie clés en main de la fiction, mais d’interroger la façon dont les textes pensent – pas seulement à quoi ils pensent, et dans quels buts, mais comment ils pensent. C’est aussi l’occasion de préciser et d’illustrer le concept de « fiction pensante ». L’entreprise peut dérouter, il n’est donc pas superflu de cartographier la région à explorer, en signalant au promeneur quelques sites intéressants, et aux autres orpailleurs les cours d’eau et les sables aurifères.
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Diderot, qui n’a cessé de s’interroger sur la nature des événements et sur les limites du langage, a fini par produire une philosophie des singularités dans laquelle la question du moi occupe une place importante. Cette aventure intellectuelle et artistique constitue l’objet du présent essai. Trois questions l’organisent : Comment dire les singularités ? Qu’est-ce que le moi selon Diderot ? Quel rôle jouent les fictions et la création littéraire dans cette exploration du monde humain ? On découvre ainsi un penseur attentif à la variété des expériences et soucieux de ne pas trahir le réel. Paradoxalement, cette exigence le conduit à inventer des fictions d’un type particulier, comme Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau ou Le Rêve de D’Alembert. C’est précisément pour définir cette catégorie d’œuvres que Franck Salaün a forgé le concept de fiction pensante.Nouvelle édition revue et augmentée.
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Des articles rédigés pour l''Encyclopédie aux conseils adressés à Catherine II, en passant par les digressions, les anecdotes, les fables, les contes et les images soigneusement choisies, comme celle de Polyphème mangeant les compagnons d''Ulysse, Diderot a multiplié les modes d’intervention politique. On peut même considérer que sa pensée politique s''est élaborée dans et par ces formes, et qu’elle est indissociable d’une réflexion sur les conditions concrètes de la communication. Par conséquent, le reproche qui lui a souvent été adressé de ne pas avoir laissé de traité comparable au Contrat social de Rousseau repose sur un profond malentendu. A-t-on cherché à comprendre sa conception du rapport entre discours et société ? C’est précisément l’objet du présent volume, qui, en explorant à la fois la poétique de Diderot et ses thèses sur l''histoire des sociétés, la vie de la cité et le pouvoir légitime, exhibe la richesse d’une pensée politique non dogmatique.
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Fruit d’une longue maturation, Le Neveu de Rameau, qui a pour véritable titre Satire seconde, est une méditation tonitruante sur l’art et la morale. En choisissant de placer un musicien sans le sou (le Neveu de Rameau) au centre de son dialogue, Diderot semble avoir voulu réunir dans une même figure la sensibilité artistique et l’abjection consentie. De plus, le talent de pantomime qu’il prête à son personnage autorise un glissement du sens propre au sens figuré, car les corps expriment aussi les rapports sociaux : de l’indigent au roi, en passant par les petits abbés, les financiers et les courtisanes, chacun danse « la pantomime des gueux ». C’est justement parce que les corps expriment la condition des individus que le théâtre et la musique, définis comme des imitations, doivent privilégier la gestuelle et les accents. Tout est lié aux yeux du philosophe. Si la musique et l’art de la pantomime sont omniprésents dans ce texte, cela n’est pas sans rapport avec les importantes mutations que connaissent les arts de la scène dans la seconde partie du XVIIIe siècle. Le dialogue de Diderot y fait écho de diverses manières. Pour apprécier toute la richesse de cette œuvre, il faut donc se tourner vers l’histoire totale des pratiques scéniques, celles des comédiens, des chanteurs et des danseurs.
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« N''êtes-vous pas Monsieur Diderot ? Oui, Madame. C''est donc vous qui ne croyez rien ? Moi-même. Cependant votre morale est d''un croyant. Pourquoi non, quand il est honnête homme. Et cette morale-là vous la pratiquez ? De mon mieux. Quoi ! Vous ne volez point, vous ne tuez point, vous ne pillez point ? Très rarement. » Ainsi commence l''Entretien d''un philosophe avec Madame la Maréchale de ***, une jeune femme « belle et dévote comme un ange » qui demande au philosophe de justifier son athéisme. Ce savoureux dialogue a le naturel d''une conversation familière ; il en épouse les méandres. Chaque interlocuteur peut interrompre l''autre au moment où l''on s''y attend le moins. Les répliques s''enchaînent de façon imprévisible sans la moindre contrainte extérieure. Diderot ne catéchise pas son interlocutrice. Il a pour elle un respect qui n''est jamais démenti. Comme il est dit dans l''« Avis au lecteur », « il serait à souhaiter que les matières importantes se traitassent toujours (...) dans le même esprit de tolérance ». On trouvera ici la première édition critique de ce dialogue, établie d''après la version originale diffusée dans la Correspondance littéraire en 1775 et accompagnée d''un ensemble de textes qui en éclairent le sens et la portée.
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On l’oublie trop souvent, l’ambition de Beaumarchais en écrivant pour le théâtre n’était pas d’être le continuateur de Molière, mais bien d’être l’auteur grâce auquel le genre sérieux allait s’imposer. Après l’échec de ses premiers drames, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il s’est illustré dans le genre comique en ressuscitant Rabelais et la franche gaieté, cette gaieté que les règles et la sacro-sainte décence avaient, selon lui, fait disparaître. Il s’est piqué au jeu, au point de subvertir le genre. Dans Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro on le sent qui jubile. Aux représentants de l’orthodoxie théâtrale et du bon goût il adresse même cet avertissement : « n’espérez pas asservir dans ses jeux mon esprit à la règle : il est incorrigible. » Faire rire d’accord, mais sans se soumettre aux règles, et pour mieux faire pleurer ensuite avec La Mère coupable, son ultime pièce, dans laquelle il reprend, en régime sérieux, tous ses thèmes de prédilection. La trilogie espagnole a ainsi pris forme sous le signe de la revanche positive.