Paul Zawadzki – författare
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Alors que l’Association française de sciences sociales des religions se décidait à susciter une réflexion collective sur le rire et le religieux en février 2015, personne ne se doutait que ses travaux porteraient l’ombre tragique des attentats du 7-9 janvier. C’est qu’une part non négligeable du questionnement sur le rire hantait déjà les conflits charriés par l’actualité, qu’il s’agisse des caricatures de Mahomet ou des spectacles dits humoristiques mais vecteurs de haine. Plus profondément, le rire convoque la pensée de longue date et la plupart des classiques ont tenté d’en élucider les ressorts.Fruit d’un travail collectif, cet ouvrage ne pouvait qu’être interdisciplinaire, ne serait-ce qu’en raison de la surcharge sémantique suggérant qu’il n’y a pas un rire, mais des rires. Pour des raisons bien compréhensibles, l’intuition, confortée par les réactions aux attentats, associe le rire à l’esprit critique. Ce rire-là met en doute les certitudes métaphysiques, en instaurant une distance réflexive entre le sujet et ses croyances absolutisées. Pour autant, le problème politique et moral du rire n’est guère réductible à l’opposition entre la liberté des démocrates et la censure de leurs ennemis. Certains types de rires appartiennent aussi à l’horizon croyant, et surgissent de l’intérieur de certaines cultures religieuses vivantes.
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Le séminaire dont est issu cet ouvrage est né du constat de l’affaissement du dialogue entre les sciences sociales et la psychanalyse qui avait pourtant été vif et fécond en France jusqu’aux années 1980. Les auteurs du présent livre se proposent d’en reprendre le fil, aujourd’hui que la guerre est revenue en force sur le sol européen tandis qu’elle ne cesse de se poursuivre inlassablement dans d’autres régions du monde. Plus que jamais s’impose la réflexion sur le lien entre la pulsion de destruction et le social pour penser la place des institutions dans leur rapport à leurs soubassements psychologiques. Selon quelles modalités est-il possible d’articuler la compréhension sociologique et l’interprétation psychanalytique, quelles en sont les limites et les apports respectifs ? Après avoir discuté les catégories freudiennes de la horde primitive, de l’Œdipe, de la Masse et de la liberté, les réflexions des auteurs se confrontent plus directement à l’expérience historique de la guerre, du viol et du nationalisme. Entre universalité du psychisme, compulsion pulsionnelle et expériences historiques toujours spécifiques, quelle place conférer à l’inconscient, collectif ou individuel ?
Avec les contributions de : Paul-Laurent Assoun, François Bafoil, Annette Becker, Françoise Davoine, Claudine Haroche, Julia Laureau, Paul Luciani, Abram de Swaan, Paul Zawadzki.