Robert Belot – författare
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Des conflits qui ont fracturé l''Europe contemporaine, celui de 1870-1871 souffre du plus lourd déficit de mémoire : au mieux évoqué, au pire immémoré. Cette guerre ne semble pas pouvoir rivaliser avec l''envergure et le retentissement des cataclysmes de 1914-1918 et 1939-1945 dont elle constitue une sorte de prologue.On lui attribue tout au plus d''avoir entretenu le goût amer de la défaite. Les « Provinces perdues », érigées en prétextes à la Revanche, personnifiées sous la coiffe de l''Alsacienne, symbolisèrent la prétendue obsession française de se venger du Traité de Francfort.Pourtant, tout au long du conflit, la résonance de la guerre se propage en France comme en Allemagne : les bombardements, les sièges « tenus ou défait », les oscillations politiques sont autant de stigmates durables et profonds pour les deux pays.Ces conséquences sont plus sensibles encore sur les frontières de l''Est. L''arrachement de l''Alsace et de la Lorraine élève Strasbourg au rang de capitale d''Empire, exposant la ville aux dissensions et tiraillements que confère ce statut. Belfort, que la vaillance a préservé de l''amputation, devient une terre d''asile pour les Alsaciens qui aspirent à rester français.
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Durch die Betrachtung des Lebenswegs von Henri Frenay, Gründer der wichtigsten französischen Widerstandsbewegung (Combat), Minister von General de Gaulle bei der Befreiung, der zur Symbolfigur der Europäischen Union der Föderalisten wurde, zeichnet diese Studie die Entstehung eines europäischen Projekts innerhalb des nicht-kommunistischen Widerstands gegen das Nazi-Europa nach, welches das demokratische Deutschland einbezieht. Doch dieses wahrhaft revolutionäre Bestreben nach einem föderalen Europa, das den Frieden garantieren und die Kluft zwischen Besiegten und Siegern überwinden sollte, stieß auf Gegenkräfte – was von der Schwierigkeit zeugt, eine souveränistische Kultur und das Vorherrschen des Nationalgefühls zu überwinden.
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L’architecte urbaniste le plus connu au monde, qui fut l’incarnation du Mouvement moderne au XXe siècle, n’a pas échappé à la mode de ce populisme imprécateur de la mémoire qui, au nom de la morale, déboulonne les statues et détrône les grandes figures de l’histoire. À l’occasion du 50e anniversaire de sa mort, et alors qu’était lancée une procédure d’inscription de son œuvre sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, un tir groupé d’ouvrages a transformé Le Corbusier en « fasciste », en « collaborateur » du régime de Vichy, voire en « nazi ». André Malraux, dans l’oraison funèbre qu’il a prononcé à son « vieux maître », le 3 septembre 1965, déplorait qu’« aucun n’a été si longtemps, si patiemment insulté » que lui. Mais il pensait que « la gloire trouve dans l’outrage son suprême éclat » et que « cette gloire-là s’adresse à une œuvre plus qu’à une personne, qui s’y prêtait peu. » Il se trompait : c’est à sa personne et à sa pensée qu’on s’attaque à partir du rôle politique que l’architecte franco-suisse aurait joué à Vichy. Quel a vraiment été ce rôle ? Telle est la question à laquelle se propose de répondre ce livre, à partir d’une démarche historienne distanciée et documentée. En analysant cette campagne de dénigrement, il s’agit de dévoiler les biais cognitifs et méthodologiques qui traversent le discours des « redresseurs de morts », d’identifier les déficits de connaissance et les manipulations qui, au nom de l’exigence de démystification, témoignent d’abord d’une volonté de salir plutôt que de savoir.
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Tillfälligt slut