Roger Bruyeron – författare
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L''année 1759 fut pour Diderot celle du désenchantement. L''Encyclopédie est interdite de publication. D''Alembert et Voltaire s''éloignent, Rousseau marque sa rupture avec lui. Son père meurt, sa vie conjugale devient difficile. Or, dans le tome VIII, connu plus tard des lecteurs, Diderot a rédigé l''article « jouissance », un éloge du rôle de la femme dans l''humanisation de l''espèce humaine. Et cette même année, la première lettre connue de Denis à Sophie Volland. Dans certaines de ces lettres apparaît l''expression « petit château » lieu magique où Denis, Sophie et sa soeur Uranie vivent dans cette jouissance physique et réfléchie qui doit les conduire au bonheur. Jouissance stérile cependant, nul enfant au château, jouissance imaginaire, « chimérique ». Pas tout à fait cependant. Cette année-là, il rédige son premier Salon. Le « petit château » rêvé pour séduire Sophie et Uranie n''aurait-il pas un commencement de réalité dans l''art ? Rien n''est moins sûr : le spectateur n''entre pas dans le tableau, il regarde. La vie passe, le désenchantement ne sera jamais surmonté, la jouissance toujours différée. Jusqu''à la mort de Sophie. D''ici-là il y aura des oeuvres à écrire, et quelles oeuvres !
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Textes réunis et présentés par Jean-François REVEL « La pensée esthétique de Taine (1828-1893) s''ordonne autour de la notion d''image. Une image, pour Taine, c''est l''unité d''un divers, comme dans l''acte de percevoir. C''est ce qui détermine un tableau, figure un ensemble. Par là, Taine rejoint l''ambition d''Auguste Comte et même celle de Montesquieu : montrer l''ordre et le progrès de l''esprit humain à travers l''extrême richesse de ses productions, y compris les plus fortuites. Mais une image, c''est aussi ce qui, par-delà toute histoire, nous confronte à l''aspect immédiat et brutal des choses, nous met en présence d''une nappe de sens antérieure à nos catégories, au langage même, que savent capter, mieux que d''autres, les peintres. En effet, l''image ne révèle la peinture dans ses formes les plus impressionnantes, c''est le contact avec un ensemble de forces qui reconduit l''oeil et le corps à un état sauvage du monde. En cela, Tintoret et Rembrandt sont, pour Taine, des exemples indépassables. Naît alors, dans l''oeuvre de Taine, sinon une contradiction, du moins une opposition, une tension entre ces deux acceptions de l''image : d''où l''hétérogénéité apparente des textes ici proposés. Mais c''est précisément cette tension qui fait tout l''intérêt de cette démarche philosophique : elle rend la lecture des textes de Taine intemporelle et en montre l''extraordinaire postérité. » Roger Bruyeron (préface).