Anca Vasiliu – författare
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Il est impossible de définir l’image : tel est l’un des premiers « enseignements » du Sophiste de Platon. Mais à défaut de pouvoir la définir, peut-on déjà la dire, l’affirmer comme image de quelque chose, la faire apparaître dans et par le langage? Si l’image est du côté du non-être car de l’apparence, le langage la fait, lui, nécessairement advenir à l’être. Dès lors, chercher à savoir ce qu’est une image, serait-ce chercher à savoir ce qu’est en parler?Tel est l’axe de recherche adopté ici : explorant les définitions de l’image formulées par Platon dans le Sophiste et le rôle particulier assigné, dans la République, au regard, le présent ouvrage nous propose de comprendre en quoi il est nécessaire, pour définir l’image, de savoir en parler et ce qu’est en parler. Le langage, lui aussi, montre, se fait image : c’est donc sur la dimension visible du langage qu’il faut travailler. Cette parole visible signale en effet un usage étrange, bizarre, inhabituel du langage, qui suppose que dire va nécessairement de pair avec voir, comme voir requiert de savoir dire ce qu’on voit.Attentive aux usages platoniciens de l’image, cette analyse du lien entre voir et dire nous initie à une autre lecture de Platon, lecture où sensible et intelligible ne sont plus opposés mais conciliés et où la pensée peut déterminer l’identité sans s’enfermer dans une logique de contraires. Elle nous livre par là même les premiers jalons d’un travail précis et approfondi de définition de l’image dans le discours philosophique ancien.Anca Vasiliu est directeur de recherche au CNRS (Centre Léon Robin).
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Del 9 - History of Metaphysics: Ancient, Medieval, Modern
Toucher par la vue : Platon, Aristote, Plotin sur la lumière et le sensible
Inbunden, Franska, 2026
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La lumière est là, mais en elle-même qui la voit ? Conditionnelle pour tout ce que la lumière n’est pas—le visible, l’être, la vie, la pensée—sa phénoménalité s’avère immanente à la saisie sensible, tandis que la lumière elle-même demeure étrangère à tout ce qu’elle dévoile. La connaître exige de saisir son effet, à la fois unique et multiple, à travers le rendu infini du visible et de l’animé. Cette pierre m’est lumière (lapis iste … mihi lumen est), disait un philosophe irlandais à la croisée de l’Antiquité tardive et du Moyen Âge. C’est en regardant que l’œil recouvre la puissance du fiat lux : il engendre la visibilité comme expression universelle de l’être, en laissant se révéler en même temps la lumière comme condition transcendante de l’apparaissant.Platon, Aristote et Plotin évoquent la lumière en parlant du toucher qui définit la vue. C’est l’expérience sensible la plus directe qui conduit à saisir la lumière en tant que principe du vivant et condition de l’intellection. À l’aube de l’histoire prémoderne, deux de leurs héritiers tardifs, Dante et Marsile Ficin, décrivent la lumière comme ce qui se tient au-delà des aspects tout en les déterminant. Avant Kepler et Newton, la lumière est irréductible au phénomène physique. Pour saisir les enjeux de ce statut aporétique aux conséquences fondatrices pour la philosophie, relisons le Timée, la République, le Phèdre, le Banquet, le De anima aristotélicien, ainsi que certains traités de Plotin.Light is present, yet who sees it in itself? It is the condition for everything it is not—for the visible, for being, for life, for thought. Luminous phenomena are immanent to sensible apprehension while light remains wholly foreign to everything that it reveals. Knowing it requires that one grasp its effect, at once singular and manifold, through the infinite unfolding of the visible and the living. “This stone is light to me” (lapis iste … mihi lumen est), said an Irish philosopher situated at the crossroads of Late Antiquity and the Middle Ages. It is by seeing that the eye recovers the power of the fiat lux: the eye constitutes visibility as the universal expression of being, while at the same time allowing light to be disclosed as the transcendent condition of appearing.Plato, Aristotle, and Plotinus evoke light by speaking of the kind of touch that defines sight. It is the most immediate sensible experience that leads to the apprehension of light as a principle of life and a condition of knowledge. At the dawn of premodern history, two of their later heirs, Dante and Marsilio Ficino, describe light as that which stands beyond appearances, and yet determine them. Prior to Kepler and Newton, light is irreducible to a merely physical phenomenon. To grasp the stakes of this aporetic status, whose consequences are foundational for philosophy, let us read once again the Timaeus, the Republic, the Phaedrus, the Symposium, Aristotle’s De anima, as well as some of Plotinus’ treatises.
Häftad, Franska
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Tillfälligt slut