Il aura fallu attendre à la fois le centenaire de sa naissance et le trentenaire de sa mort pour que Jean Kobs sorte enfin du purgatoire littéraire dans lequel l’insensibilité et les servitudes matérielles d’un XXIe siècle l’ont confiné. Et pourtant, celui qui accepte d’entrer par la petite porte dans une œuvre riche de plus de 1600 poèmes l’aura compris : Kobs, par sa sensibilité hors du commun, son érudition et sa fidélité à autrui comme à soi-même ne pouvait demeurer dans les oubliettes de l’Histoire littéraire. Que la poésie de Jean Kobs commence à être présente dans les revues et les anthologies est peut-être dû à l’ironie du sort : si l’époque contemporaine est peu favorable aux créations littéraires, c’est aussi le profond malaise par lequel elle est marquée depuis quelques décennies qui amène certains à chercher dans les milieux artistiques la consolation qu’ils ne sauraient trouver ailleurs. À ceux-là, si peu nombreux soient-ils, la redécouverte de l’art classique, avec ses formes rigoureuses et sa langue châtiée, sert d’échappatoire et restitue, ne fût-ce que sur le plan intellectuel, les structures dont la société moderne se voit privée.
Le poème Anabase (1924) constitue une réflexion approfondie sur la création poétique de Saint-John Perse dont le présent ouvrage essaie de retracer les différentes étapes. Autour de cette exploration des étendues d’un continent que l’on ne saurait localiser avec précision – mais aussi d’un inconscient où germent les vers d’une épopée née de l’ambiguïté – se dégage un véritable rituel poétique que vient enrichir le goût pour cette nouvelle science apparue à la fin du XIXe siècle qu’est la psychanalyse. Le poème, qui tire son originalité de ses richesses ésotériques, philosophiques, psychanalytiques et scientifiques, devient un véritable lieu de rencontre d’inspirations et de savoirs divers. L’étude que voici se donne un double objectif : analyser le parcours ésotérique du poète, c’est-à-dire partir de l’« anabase extérieure » (chevauchée à travers un continent, puis destruction des terres par la violence et finalement création d’une nouvelle ville) pour aboutir à cette « anabase intérieure » qui mène au Moi profond du poète : c’est le « point sensible » du front « où le poème s’établit ». Quelle importance faut-il accorder à la dimension psychanalytique lorsque nous lisons Saint-John Perse ? Le poème peut-il être défini comme un miroir de l’inconscient ? Voilà quelques-unes des interrogations qui ont guidé l’auteur du présent livre dans sa lecture intéressante et originale de cette œuvre extrêmement riche.
Il aura fallu attendre à la fois le centenaire de sa naissance et le trentenaire de sa mort pour que Jean Kobs sorte enfin du purgatoire littéraire dans lequel l’insensibilité et les servitudes matérielles d’un XXIe siècle l’ont confiné. Et pourtant, celui qui accepte d’entrer par la petite porte dans une œuvre riche de plus de 1600 poèmes l’aura compris : Kobs, par sa sensibilité hors du commun, son érudition et sa fidélité à autrui comme à soi-même ne pouvait demeurer dans les oubliettes de l’Histoire littéraire. Que la poésie de Jean Kobs commence à être présente dans les revues et les anthologies est peut-être dû à l’ironie du sort : si l’époque contemporaine est peu favorable aux créations littéraires, c’est aussi le profond malaise par lequel elle est marquée depuis quelques décennies qui amène certains à chercher dans les milieux artistiques la consolation qu’ils ne sauraient trouver ailleurs. À ceux-là, si peu nombreux soient-ils, la redécouverte de l’art classique, avec ses formes rigoureuses et sa langue châtiée, sert d’échappatoire et restitue, ne fût-ce que sur le plan intellectuel, les structures dont la société moderne se voit privée.
Le poème Anabase (1924) constitue une réflexion approfondie sur la création poétique de Saint-John Perse dont le présent ouvrage essaie de retracer les différentes étapes. Autour de cette exploration des étendues d’un continent que l’on ne saurait localiser avec précision – mais aussi d’un inconscient où germent les vers d’une épopée née de l’ambiguïté – se dégage un véritable rituel poétique que vient enrichir le goût pour cette nouvelle science apparue à la fin du XIXe siècle qu’est la psychanalyse. Le poème, qui tire son originalité de ses richesses ésotériques, philosophiques, psychanalytiques et scientifiques, devient un véritable lieu de rencontre d’inspirations et de savoirs divers. L’étude que voici se donne un double objectif : analyser le parcours ésotérique du poète, c’est-à-dire partir de l’« anabase extérieure » (chevauchée à travers un continent, puis destruction des terres par la violence et finalement création d’une nouvelle ville) pour aboutir à cette « anabase intérieure » qui mène au Moi profond du poète : c’est le « point sensible » du front « où le poème s’établit ». Quelle importance faut-il accorder à la dimension psychanalytique lorsque nous lisons Saint-John Perse ? Le poème peut-il être défini comme un miroir de l’inconscient ? Voilà quelques-unes des interrogations qui ont guidé l’auteur du présent livre dans sa lecture intéressante et originale de cette œuvre extrêmement riche.