L’ouvrage réunit des contributions consacrées aux variations du français et à la (re)construction discursive des significations linguistiques dans les espaces francophones, qu’il s’agisse de définitions lexicographiques ou didactiques, de discours littéraires, ou d’interactions verbales au quotidien. Le sens linguistique, sa construction et sa dynamique sont analysés à travers les discours et les interactions verbales, dans la perspective de plusieurs disciplines des sciences du langage et plus généralement des sciences de la culture : sémantique, pragmatique, analyse du discours, lexicologie et lexicographie, didactique, études littéraires. Autour de l’expérience du langage, toutes ces disciplines se complètent, tout en restant différentes selon leurs points de vue observationnels, leurs domaines empiriques, leurs postures de recherche.
Cet ouvrage est consacré à la complexité linguistique, cette expression couvrant des théories et des points de vue observationnels divers et de ce fait, plusieurs concepts. La diversité des approches, présente aussi dans ce volume, est toutefois sous-tendue ici par un double noyau commun : d’une part, situer le fait langagier complexe à l’interface ou aux interfaces de plusieurs disciplines des sciences du langage et, d’autre part, l’envisager sous les angles de la production, de l’interprétation et de la représentation du sens linguistique. Ainsi, la complexité linguistique n’est pas considérée de manière indépendante relativement à chaque niveau de description, mais à la croisée de deux ou plusieurs interfaces : sémantique-syntaxe, syntaxe-pragmatique, sémantique-pragmatique. Elle est également située à l’interface des sciences du langage et des sciences humaines et sociales. Le concept de complexité linguistique dont il s’agit ici concerne : les signifiants, leur ordre et leur combinaison, les signifiés, leur sens et leur mise à jour dans le discours, le langage en contexte et au service d’un certain agir.
Les grands courants de pensée en acquisition des langues se tournent de façon préférentielle soit vers une approche de l’intervention de l’enseignant et du concepteur du programme, considérés comme des médiateurs qui fournissent un maximum d’input en vue de l’organisation et de la progression de l’interlangue ; soit vers une stratégie globale s’appuyant sur la construction du sens à partir d’échanges communicatifs. L’ouvrage, qui fait suite à un premier volume consacré à la place de la construction du sens en interaction dans l’acquisition de la signification linguistique, réunit une série d’articles qui s’interrogent, dans une perspective complémentaire à celle adoptée précédemment, sur la place de l’intervention, entendue comme explicitation et apprentissage des formes linguistiques, et notamment grammaticales, dans l’acquisition des structures langagières, et des compétences linguistique et pragmatique. Les contributeurs situent ainsi leurs questionnements et leurs propositions théoriques et pratiques à l’interface de la grammaire (son applicabilité, les nouveaux discours didactiques sur les structures langagières et les nouvelles méthodologies de l’intervention des concepteurs et des enseignants), d’une part, et de l’analyse de l’interaction en classe de langue étrangère, de la définition et de l’évaluation des compétences langagières acquises, d’autre part.